Les chapelles

À Fouesnant, il y a une église, l’église Saint-Pierre et quatre chapelles : la chapelle Sainte-Anne, la chapelle Saint-Guénolé, la chapelle Saint-Sébastien et la chapelle de Kerbader.

L’église Saint-Pierre
La chapelle Sainte-Anne
La chapelle Saint-Guénolé
La chapelle Saint-Sébastien
La chapelle de Kerbader

L’église Saint-Pierre

L’église Saint-Pierre située au cœur de ville de Fouesnant date du XIème ou XIIème siècle.

Au milieu du XVIIIème siècle, suite à un gros orage, le clocher frappé par la foudre s’est effondré entraînant la destruction du chevet de l’église. La façade
Ouest a donc été modifiée à cette époque pour recevoir le nouveau clocher. Le portail, (relativement sévère) fut également ajouté à l’ancien pignon au XVIIIème siècle.

Sur la façade Sud, le cimetière qui s’y trouvait a été déplacé. Le calvaire avec degrés, la Table d’offrande et les deux consoles au sommet datent de 1661. Les statues de la Vierge et de Saint-Jean qui avaient été détruites, ont été ajoutées en juin 1890. Le petit porche quant à lui date du XVème siècle.

Concernant les chapiteaux, certains interprètent les nombreuses crossettes* comme la figuration de crosses de fougères (espèce sacrée des druides). La légende dit que les druides vivaient aux Îles Glénan toutes proches. Les cercles concentriques et superposés sont d’inspiration irlandaise.

Extérieurement, rien ne peut laisser prévoir la beauté architecturale de l’intérieur, ni la richesse des décors. La Nef lambrissée est éclairée directement par de hautes et étroites fenêtres ouvertes dans l’axe des arcades. Un grand arc brisé joue le rôle d’arc triomphal, sans doute reconstruit après la chute du clocher. Les hautes arcades surmontent des chapiteaux décorés. La décoration de l’église s’enrichit petit à petit vers le chœur.

Le chœur est précédé d’une travée droite sur laquelle s’ouvrent deux absidioles** de plan carré qui communiquent avec le transept. La réfection du chœur date du XVIIIème siècle. La reconstruction du premier chevet, dont un incendie avait entraîné la destruction et fait s’écrouler la tour lanterne date du mois de février 1754. De cette époque datent aussi le pignon central Ouest les fenêtres des bas-côtés ainsi que le porche Sud dans lequel une porte du XVème siècle a été remployée.

Les statues de Saint-Pierre (reconnaissable à sa clé, protecteur de la paroisse) et Saint-Paul (avec l’épée de son martyr) trônent au fond près de la porte centrale. Près de la porte d’entrée du porche se trouve un curieux bénitier sculpté de feuillages. La statue en granit doux de facture moderne de Sainte-Anne accompagnée de Marie enfant est apposée contre le pilier de l’ancien clocher. Un officier romain du IIIème siècle, bardé de flèches se trouve dans le transept Sud Saint-Sébastien. Sainte-Marguerite se trouve dans l’Absidiole Sud, Saint-Antoine (l’ermite du désert d’Egypte au IVème siècle, devenu protecteur
des porcs) dans le transept Nord.

* Ressaut décoratif ménagé à l’angle d’un chambranle (Larousse).
** Chapelle secondaire de petite dimension s’ouvrant sur l’abside ou sur un mur oriental du transept d’une église.

Texte tiré de « Bretagne Romane » Louise Marie Tillet

La chapelle Sainte-Anne

La construction de la chapelle Sainte-Anne, petit joyau niché dans un véritable écrin de verdure, date de 1685. Cette charmante chapelle est
classée au titre des Monuments Historiques depuis 1914, de même que son retable, construit en 1694.

La chapelle Sainte-Anne a une grande importance pour les Fouesnantais. Elle est le lieu de rencontre entre gens de Terre et gens de Mer. Lors du pardon de Sainte-Anne, il y règne toujours une grande ferveur. Elle est un lieu unique de mémoire, de rencontre, et d’apaisement.

La charpente et la toiture sont détériorées, la voûte lambrissée sera donc déposée et refaite à neuf. La maçonnerie et le retable doivent également être rénovés.

Au-delà de la préservation d’un patrimoine bâti, il s’agit de faire perdurer les traditions et permettre la transmission d’un patrimoine vivant aux générations futures. En effet, la chapelle est un lieu de vie cher aux Fouesnantais. Elle accueille chaque année un pardon de grande importance où règne toujours une grande ferveur le dimanche suivant la Sainte-Anne en juillet et qui rassemble habitants et estivants lors d’une fête traditionnelle et familiale.

La restauration de la chapelle se fait en lien avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Estimée à 1,5 million d’euros, elle va s’étendre sur 3 ans. Malgré le soutien du Ministère de la Culture, de la Région Bretagne du département du Finistère et de la Fondation du Patrimoine, une part importante du financement des travaux reste à la charge de la commune. C’est pourquoi des mécènes sont sollicités, ainsi que les particuliers, pour répondre à un appel à dons (avec 66 % de déduction fiscale) afin que chacun puisse participer au sauvetage de cette chapelle emblématique du Pays Fouesnantais.

La chapelle Saint-Guénolé

La chapelle Saint-Guénolé a été édifiée en 1936. À cette époque, Beg-Meil est une station balnéaire qui connaît déjà un essor touristique très important et très vite, le besoin d’un lieu de culte local se fait ressentir (l’église Saint-Pierre du centre-ville de Fouesnant étant trop distante). C’est alors que les propriétaires de résidences secondaires beg-meillois unissent leurs fonds pour ériger la chapelle.

La construction de la chapelle a été décidée en 1934. Elle sera bâtie sur un terrain donné par la famille Le Berre. Le plan d’ensemble est dressé par deux architectes de Quimper : René Legrand et Jacques Lachaud. La réalisation de l’édifice sera quant à elle confiée aux entreprises Le Bris, Quilfen, Feuteun et Rolland.

Le chanoine Le Berre bénit la première pierre de la première tranche de travaux le 8 avril 1936. Deux autres suivront, ainsi que des chantiers annexes.

Le 23 août 1936, Monseigneur Duparc (évêque de Quimper) vient bénir la construction comprenant : le choeur, une travée faisant transept et la sacristie. De façon provisoire, un mur clos le sanctuaire dont le sol est encore en terre battue. Des sculptures y sont installées : la Vierge Marie, Saint-Guénolé, un ecce homo, ainsi qu’une crèche.

Dès 1937, deux messes sont assurées du dernier dimanche de juillet au dernier dimanche d’août, puis une seule tous les dimanches et fêtes à partir de 1941. Le nombre de messes est augmenté en saison en raison du nombre importants d’estivants.

La seconde tranche de travaux débute en 1951. L’entreprise Le Bris est de nouveau sollicitée. Les entreprises Divanac’h, Rannou et Caoudal se joignent à elle. Un confessionnal prend place près de la sacristie et une cloche (fondue à Villedieu-les-Poêles – nommée Guénola) est installée provisoirement.

En 1954, la terre battue est remplacée par un dallage en ciment. La communauté acquière le grand harmonium de quatre jeux et demi. L’électricité est installée en 1959.

Le second confessionnal et le second autel (surmonté de la statue de Saint-Joseph travailleur – sculpté par J-P. Fréour) sont fabriqués par l’entreprise Le
Dréau-Divanac’h de Kerho à Beg-Meil. La statue du Sacré-Coeur (oeuvre de J. Coroller de Quimper) est quant à elle offerte par une bienfaitrice en 1960.

C’est en 1967 que la troisième tranche de travaux est décidée. Celle-ci comprend deux travées, la première surmontée d’une tribune au-dessus de deux salles et d’un porche. Un mur pignon, définitif est rehaussé d’un clocheton prévu pour 3 cloches dont l’une est la fameuse Guénola !

33 ans après la pose de la première pierre, la chapelle Saint-Guénolé apparaît telle que nous la connaissons aujourd’hui. Lieu de fête, elle débute les festivités d’été lors du Pardon de Saint-Guénolé, avant la célèbre bénédiction de la mer.

La chapelle a pu voir le jour grâce aux dons généreux des paroissiens résidents permanents ou vacanciers. Pour l’anecdote, parmi les nombreux bienfaiteurs et bienfaitrices, un nom connu apparaît : Georges Pompidou, alors Premier Ministre, en vacances à Kernaëret.

La chapelle Saint-Sébastien

La chapelle Saint-Sébastien, nichée au coeur d’un petit hameau, est idéalement située entre terre et mer, sur la commune de Fouesnant-les Glénan. Ancrée à quelques centaines de mètres du site de la « Mer blanche », espace naturel remarquable, le lieu est propice aux balades et à l’observation de la faune et de la flore. Son intégration dans ce cadre naturel préservé en fait une destination très prisée des randonneurs.

La construction de cette petite chapelle aurait des origines médiévales, certains vestiges, comme sa petite fenêtre romane, datant du XIIe siècle. Elle a connu des extensions au XVe siècle et au XVIIe siècle ainsi que des travaux de restauration dans les années cinquante. La présence d’un bénitier finement sculpté, témoignage du XVe siècle, est un des éléments les plus remarquables de cet édifice.

La commune de Fouesnant-les Glénan oeuvre pour la sauvegarde de son patrimoine historique, riche de cinq églises ou chapelles, de nombreux fours à pains, lavoirs et fontaines, très répandus dans la campagne fouesnantaise ; Entre 2010 et 2013, la commune en collaboration avec la Fondation du Patrimoine et l’association les amis de la chapelle Saint-Sébastien a réhabilité cet édifice et réalisé les travaux nécessaires afin de rendre la splendeur d’antan à cette chapelle. Une souscription publique avait donc été lancée en 2011 auprès des particuliers et des entreprises qui ont pu ainsi, par leurs dons, soutenir ce projet et participer à la restauration de ce bâtiment.

La réfection complète de la toiture et des travaux de maçonnerie, réfection des vitraux, de la cloche, notamment, ont été réalisés, dans les règles de l’art, par des artisans qui ont un savoir-faire particulier dans la restauration de ce type d’édifices, avec des matériaux spécialisés.

Les services techniques municipaux ont également travaillé sur ce projet avec la réalisation de la chape à base de chaux, de la peintre des portes et de la rambarde, et d’une rambarde neuve devant l’autel. Gestion du mobilier : (Dépose/repose). Réhabilitation des abords de la chapelle.

Après études, les travaux ont débuté en mars 2012, l’inauguration a eu lieu le 4 juillet 2013.

Le budget total de l’opération s’est élèvé à 182 905 euros TTC. 50 donateurs ont ainsi participé à la réfection de cet édifice.

L’association des amis de la chapelle Saint-Sébastien organise des animations autour de la chapelle notamment des vide-jardins.

La chapelle de Kerbader

La chapelle est dédiée à Notre-Dame de Pitié. Elle est aussi nommée Notre-Dame des Neiges.

La légende raconte qu’il aurait neigé un 15 mai, jour du pardon de Kerbader. L’origine du nom remonte à la naissance du christianisme à Rome (vers 350 après J.C). Lors d’une année de sécheresse, il aurait neigé au mois d’août sur le mont Esquilin. La neige formait le plan de l’édifice. Le pape y fit bâtir la basilique Santa Maria ad Nives. Une autre version du patronyme consisterait en une erreur de traduction de nom breton :
• Notre-Dame des Neiges : Itron Varia an erc’h
• Notre-Dame de Pitié : Itron Varia an nec’h

Les deux noms en breton se prononcent de la même façon, d’où la confusion. Notre-Dame de Kerbader a été appelée, par erreur de traduction du breton, Notre-Dame des Neiges.

En réalité, il s’agit bel et bien de Notre-Dame de la Pitié, comme il est écrit sur la Piéta portant Jésus sur les genoux: « Mater Dolorosa », mot à mot « Mère douloureuse », en breton : Itron Varia an nec’h, mot à mot « Madame Marie de la peine », Notre-Dame de Pitié.

La dévotion à Marie, sous ce vocable, s’est beaucoup répandue aux siècles passés, surtout lorsque les populations étaient dans la misère et la souffrance : pauvreté, épidémies…

Une fontaine de dévotion se trouve à 200 m de l’édifice. On attribue à l’eau de cette fontaine la vertu de donner de la force aux enfants qui tardaient à marcher.

La révolte des Fouesnantais débute à Kerbader ! Elle marque le début des affrontements en Bretagne.

La révolte commence en décembre 1791, avec Alain Nédelec, élu juge de paix du canton de Fouesnant. Sitôt investi dans ses nouvelles fonctions, il refuse de les remplir, prétextant qu’il n’a pas reçu de brevet signé de la main du Roi comme cela se pratiquait pour « les gens des villes ». Son inaction dérange, il est condamné à payer une amende. Aidé de son beau-père Tanguy Caradec, il se rebelle appuyé par les paysans du canton. Alain Nédelec et ses hommes empêchent l’organisation de nouvelles élections. Ils se rassemblent à Kerbader. En réponse, 150 hommes de la Garde Nationale de Quimper marchent sur Fouesnant. Le 10 juillet 1792, la bataille éclate à Pen Allen (aujourd’hui route de la Forêt-Fouesnant). Le 2 décembre 1792, il est arrêté. Condamné à mort le 16 mars 1793, il sera guillotiné 4 jours plus tard à Quimper. Il est le seul guillotiné en Bretagne pendant la Révolution Française.

Le Four à pain

Un four à pain a été installé à côté de la chapelle. Il a été reconstruit à l’identique à partir des éléments d’un four à pain issus d’une ferme de Mousterlin.

Les travaux de reconstruction se sont déroulés sur l’année 2007 et il a été inauguré en 2008. Sa voûte intérieure et la sole ont été réalisés en briques réfractaires, seule concession à la modernité, afin qu’il puisse parfaitement fonctionner. Sa construction a nécessité six tonnes de sable de rivière qui servent de réserve calorifique entre le parement vertical en pierres et la voûte en briques réfractaires. Il a été coiffé d’une belle toiture circulaire, réplique de celle d’un donjon.

Cinq jours de préchauffage sont nécessaires pour la préparation du four à la cuisson afin d’atteindre la température voulue. Chaque année en mai, l’association les Amis de Kerbader organise des animations autour du Four à pain (fabrication de pains, démonstration de vieux métiers…), qui rassemble petits et grands autour des valeurs de transmission d’un patrimoine et d’un savoir-faire ancestral.

L’association des amis de Kerbader organise, à partir du mois de mai, diverses manifestations autour de la chapelle de Kerbader, telles que : des animations autour du Four à pain, des animations musicales, le Pardon de Kerbader, des concerts, ou encore des expositions de peintures.