Vents de fronde

Article publié le 12 avril 2014.

Maintenant que toutes les municipalités se sont officiellement installées, on peut porter tranquillement son regard sur le nouveau paysage politique du Pays Fouesnantais. Chez nous, pas de vague bleue, pas de bourrasque anti-socialiste, pas de tsunami, dévastateur d’une gauche qui s’en serait allée à vau-l’eau. Et pour cause : ici, le rose se porte plutôt pâle et aucune tornade anti-gouvernementale ne pouvait faire vaciller l’une ou l’autre des communes peu engagées politiquement. Pourtant, à bien y regarder, on s’aperçoit que ça et là, des vents de fronde se sont levés et que les représentations municipales en ont subi des bouleversements bien plus importants que ceux qui étaient attendus. Ne parlons ni de Fouesnant, ni de Saint-Evarzec où les élections se suivent et se ressemblent. Mais ailleurs ? Fronde, vous dis-je. A des degrés divers, certes. Pleuven ? C’est sans soubresaut que Jean Loaec a cédé son fauteuil de maire à Christian Rivière, son dauphin désigné de longue date. Mais 40 % seulement des Pleuvénois ont légitimé ce choix. Une façon de protester contre la présence d’une liste unique. Bénodet ? Bien sûr, Christian Pennanech a obtenu une réélection de monarque mais à la faveur du changement de mode de scrutin (proportionnelle), l’opposition fait son entrée au sein du conseil. Le maire bénodétois devra apprendre à faire avec. Restent Gouesnach, Clohars-Fouesnant et La Forêt-Fouesnant. Et là, ça se corse. Gouesnac’h, d’abord. Voilà longtemps que sur les rives de l’Odet, les vents mauvais, attisés par quatre adjoints frondeurs, soufflaient sur la mairie de Michel Simon. Ils ont emporté le maire sortant. Il se murmure que les adjoints concernés ne lui ont pas pardonné de n’avoir pas tenu sa promesse de ne faire qu’un mandat et de céder ensuite la place à l’un de ses collègues. Non respect de la parole donnée ? Cela nous mène à Clohars-Fouesnant. A la tête d’une liste unique, Michel Lahuec a, bien sûr, retrouvé la mairie mais, depuis, trois de ses élus ont démissionné (à la mairie, on assure n’avoir reçu que deux lettres de démission). Les raisons de ces désaffections ? Parole non tenue par le maire, selon les élus concernés qui assurent qu’on leur avait promis un poste d’adjoint. Questions : quand on se présente à une élection, est-ce pour se mettre au service de sa commune ou pour obtenir une promotion ? Quand on démissionne, ne trahit-on pas non plus la promesse faite à ses électeurs de les représenter ? Enfin, pour la bonne bouche, La Forêt-Fouesnant où le maire sortant, Raymond Pérès, semble avoir focalisé sur sa personne la fronde forestoise. Paradoxe : il s’est fait balayer par une liste de sensibilité de gauche dans l’une des communes les plus à droite du canton. Point de bourrasque dans le Pays Fouesnantais, donc, mais quelques coups de tabac, tout de même !

Du coup, voilà la composition de la Communauté de communes profondément modifiée avec de nombreux nouveaux délégués et, surtout, un bureau où l’on compte quatre nouveaux maires sur les sept qui le composent : Gildas Gicquel de Gouesnach, Christian Rivière de Pleuven, Patrice Valadou de La Forêt-Fouesnant et Michel Lahuec de Clohars qui devrait retrouver le bureau après y avoir délégué un adjoint lors de la précédente mandature. Est-ce à dire que la politique menée par la Communauté qui avait présenté un véritable programme commun des maires sortants va s’en trouver infléchie ? Rien n’est moins sûr. D’abord, parce que la structure est suffisamment solide et rôdée pour résister aux hoquètements électoraux. Ensuite, parce que l’équation personnelle de Roger Le Goff qui retrouvera, à coup sûr, la présidence de la Communauté devrait permettre de fédérer les énergies et d’apaiser les tensions. Enfin, parce qu’aucun des nouveaux élus n’a remis en cause les grandes orientations de l’intercommunalité. Renouvelée dans sa représentation mais point déstructurée dans sa politique, la CCPF voudra, sans doute, continuer son petit bonhomme de chemin. Et, pas plus qu’hier, avec Bernard Poignant, elle ne paraît disposée, aujourd’hui, à répondre aux appels du pied de Ludovic Jolivet, le nouveau maire de Quimper. Et qu’il soit, désormais, du même bord politique que le président de la Communauté ne change rien à l’affaire.

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