Sans voix

Article publié le 5 avril 2014.

Finalement, tout occupé à m’expliquer avec Vincent Esnault, je me rends compte que je n’ai pas encore eu l’occasion de vous entretenir du résultat des élections municipales. Il est vrai qu’on n’a pas connu à Fouesnant les bouleversements, les retournements de situation que l’on a pu connaître dans certaines communes voisines. Le contraire eût constitué un cataclysme politique dans le bocage. Mais certaines lignes ont cependant sensiblement bougé. Du côté de l’opposition notamment. Vincent Esnault, justement. Quels que soient les reproches dont il m’accable, je trouve que son score (13,30 %) est loin d’être négligeable et qu’il a obtenu un excellent résultat vu les difficultés qu’il a rencontrées (il n’est pas le seul) pour former sa liste. Sans doute a-t-il bénéficié d’une surexposition médiatique mais il a surtout su fédérer sur son nom un vote nouveau, jeune, contestataire, allergique à la majorité sortante (Catherine Le Floc’h ?). Sans doute, aussi, a-t-il contribué à la sortie de route d’André Bernard, l’autre surprise de ce scrutin. Sinon, comment expliquer que le leader du Front de gauche ait perdu près de deux cents voix depuis 2008 (346 contre 529). En tirant dans tous les azimuts, André Bernard ne s’est pas fait que des amis. Les électeurs le lui ont fait comprendre. Quant à Vincent Esnault, il peut se féliciter d’un électorat qui n’est pas rancunier. Après sa démission de 2008, on lui a fait à nouveau confiance. Il lui reste à tenir la distance. Mohamed Rihani ? Au regard des précédentes municipales, on ne peut pas dire qu’il ait fait un mauvais résultat puisque les socialistes obtiennent le même pourcentage (23 %) de voix, seuls, qu’en 2008 où ils faisaient équipe avec les Verts. Mais tout cela est, bien sûr, relatif. Et ce score n’est pas à la hauteur d’un parti de gouvernement. Tant que le P.S n’aura pas réglé son problème de leadership, illustré, encore cette fois, par les balbutiements liés à la désignation de sa tête de liste, il ne pourra que rêver à une hypothétique majorité que lui donne pourtant la population, lors des consultations nationales à Fouesnant. Dans ces conditions, Roger Le Goff ne pouvait qu’être persuadé qu’il passerait au premier tour : gauche en difficulté au niveau national, opposition émiettée et surtout absence d’une liste de centre-droit (comme en 2008) pour lui contester une partie de son électorat. Le maire sortant a gagné 7 points (57,51 % contre 50,35 %). Il n’a donc récupéré qu’une partie des voix de Catherine Le Floc’h (17,61 % en 2008). Peut-être trouve-t-on là un début d’explication à l’augmentation de l’abstention (+ 6 %) et des bulletins blancs (+ 3 %).

Je ne vous ai pas parlé non plus de l’élection du maire qui s’est déroulée, samedi dernier. Sans surprise, bien sûr. Tout le monde se dit prêt à travailler en bonne intelligence à condition que tout le monde joue le jeu. Reste à déterminer les règles du jeu. Pas de chèque en blanc donc, pas d’opposition de principe, non plus. Quoique… J’avoue ne pas avoir compris le positionnement des socialistes dans leur refus de participer au vote pour l’élection du maire. D’autant plus qu’il n’y a eu aucune explication de (non)vote. Cela a laissé plus d’un sans voix. Ou bien, victimes de leur inexpérience municipale, Mohamed Rihani et ses colistiers ont voulu dire qu’ils s’abstenaient (mais il fallait voter blanc) et ce n’est qu’une maladresse. Ou bien, ils ont semblé refuser le verdict des urnes et on frise le déni de démocratie. C’est d’autant plus dommage que ce sont ces mêmes hommes politiques qui courent la campagne pour dire qu’il faut voter : voter pour, voter contre, voter blanc, voter nul, mais voter. Sur les 29 élus, 26 seulement ont donc pris part au vote. Roger Le Goff a obtenu 24 voix et il y a eu deux bulletins blancs. Et, soudain, j’ai sursauté. Je me suis souvenu qu’en 2008, Roger Le Goff avait indiqué que, suivant la tradition, il ne votait pas pour lui. Du coup, je me suis demandé si c’était l’un des deux « écolos » qui s’était laissé séduire par l’aura du maire sortant. Vincent Esnault votant pour Roger Le Goff ? Inouï ! Heureusement, un peu plus tard, le maire a confirmé que, cette fois, il avait décidé de voter pour lui-même. (En représailles du refus de vote socialiste ?). Donc, les choses sont claires. En ce début de mandat, chacun est à sa place. Le Vert n’est pas encore dans le fruit municipal.

 

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