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René Martin : Les charmes du jardin zen

Article publié le 1 novembre 2013.

ReneMartin

Je suis né en 1941 à Toulon car mon père était militaire mais ma famille est de Trévignon. Jʼai commencé à naviguer à 13 ans. Je faisais de la pêche côtière sur un bateau de Concarneau. Puis, au bout dʼun an, jʼai embarqué sur un thonier de la Cobrecaf. Jʼy ai fait toute ma carrière de marin. Jʼai pêché sur les côtes africaines, aux Antilles, au Venezuela, dans le Pacifique, dans lʼOcéan Indien. Nous faisions des campagnes de six mois puis nous allions pêcher le thon blanc dans le Golf de Gascogne. Jʼai terminé ma carrière sur le « Trévignon » en 1993. Beaucoup de marins ont la passion des jardins. Quand ils sont à terre, cela leur apporte lʼéquilibre après de longs mois de mer. Jʼai toujours été passionné par les jardins dʼornementation. Tout petit, je voulais déjà mettre les plantes des dunes dans le potager familial. En 1983, jʼai épousé Annick qui vivait à Fouesnant. Nous avons quatre enfants. En 1996, nous avons acheté un terrain de 5000 m2 qui est délimité par le ruisseau qui sépare Bénodet de Fouesnant. Jʼavais eu lʼoccasion de découvrir un jardin zen à Madagascar. Jʼai été fasciné par lʼharmonie, le bien-être, la sérénité qui se dégageaient de cette reconstitution de la nature avec lʼeau, la pierre et le végétal. Il y a quinze ans, jʼai entamé la création dʼun jardin japonisant. Jʼy ai aménagé des plans dʼeau avec des carpes koï, de multiples roches, des lanternes japonaises, une statue de Bouddha, une « porte des esprits », des escaliers. Les oiseaux viennent sʼalimenter dans les mangeoires que jʼai sculptées. Les arbres sont taillés en nuage afin de respecter la transparence et lʼharmonie du milieu. Les jardins japonais sont plus épurés parce quʼils disposent de moins dʼespace qu’ici. Jʼai multiplié les plantes couvre-sol aux formes arrondies dont les couleurs varient avec les saisons. Des surfaces gravillonnées font ressortir la verdure des gazons. Je consacre lʼessentiel de mon temps à ce jardin. Jʼy suis du matin au soir. Bien quʼon ne puisse pas le voir de la route, jʼaccueille souvent des cars de 50 personnes amenés par la société dʼhorticulture. Mais jʼaccepte toutes les personnes qui veulent le visiter et qui mʼappellent du bord de la route. Je veux partager la beauté de lʼendroit. Je discute avec les gens. Cʼest enrichissant. A la demande de la municipalité, je participe au concours des jardins fleuris que jʼai souvent gagné en hors catégorie mais je nʼen tire aucune gloire. Je trouve aussi le temps de soigner et de tailler mes nombreux bonsaï et de mʼoccuper de mes six ruches (plus de 300 000 abeilles). Encore une passion ancienne. Mon rêve serait de pouvoir me rendre au Japon et de visiter les jardins de Kyoto. Ce sont les plus beaux du monde. »

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