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L’archipel des Glénan au fil des siècles

Article publié le 9 juillet 2015.

Avant tout connu pour son cadre naturel exceptionnel, l’archipel des Glénan est également au cœur d’une remarquable aventure Humaine, rythmée par de profonds changements au fil des siècles.

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De la préhistoire à l’époque gallo-romaine

Les premières traces d’occupation humaine dans l’archipel des Glénan remontent au mésolithique (île aux Moutons, 6000 ans av J.C.). Cette présence humaine se densifie progressivement au néolithique, aux âges du bronze, du fer puis à l’époque gallo-romaine, comme l’attestent de nombreux vestiges mis au jour sur les îles : silex taillés, lames de hache en pierre et dolmen à couloir (néolithique) ; tombes en coffres (âge du bronze) ; amphores et éléments de bâti (fin de l’époque gauloise).

Les temps des pirates et des corsaires

En 1714, quelques fermiers et ouvriers s’installent sur Saint-Nicolas, quand une compagnie de négoce de poisson y établit une presse à sardines. Mais sur fond de guerres contre l’Angleterre et la Hollande, des pirates et corsaires hantent sans cesse les parages des Glénan, où ils trouvent abri et vivres, et arraisonnent les navires marchands. Aussi la construction d’un fort sur l’île Cigogne est-elle décidée en 1756 par le duc d’Aiguillon, gouverneur de Bretagne. Une garnison s’y installera épisodiquement, au gré des guerres successives. Le fort, finalement inefficace en raison de la portée insuffisante de ses canons, sera définitivement désarmé en 1814, au retour de la paix avec les Anglais.

L’installation des activités traditionnelles sur les îles : pêcheurs, goémoniers et paysans

En 1784, l’industrie de la soude s’implante sur les îles. Utilisée dans la fabrication du verre, la soude est obtenue à partir du goémon coupé, séché puis brûlé dans des « fours », fosses creusées dans le sol et tapissées de pierres. Refroidie et découpée en « pains », la soude est acheminée vers les verreries du continent puis, dès 1829, vers des usines qui en extraient l’iode à usage pharmaceutique (teinture d’iode). Près d’un siècle plus tard, l’entreprenant baron Fortuné Halna du Fretay établit cinq familles de fermiers-goémoniers du Léon dans les îles de Saint-Nicolas, Penfret, le Loc’h, Drenec et Quignenec. Il fait aussi bâtir sur l’île du Loc’h un four à goémon de grande taille, qui fonctionnera peu et dont on aperçoit encore aujourd’hui la cheminée de briques. En 1870, le baron fait construire à Saint-Nicolas une nouvelle cale et un vivier très moderne pouvant contenir 60000 à 70000 crustacés. Dès lors, une centaine de caseyeurs vendent sur place leurs prises et restent dormir dans l’archipel, « La pêcherie des îles Glénan » approvisionne ainsi tout le continent.

La navigation dans ces parages a toujours été dangereuse et les naufrages nombreux : en 1838, le phare de Penfret est allumé, le sémaphore au Sud de l’île accueille ses premiers guetteurs en 1863. Le phare de l’île des Moutons est opérationnel en 1879 et la station de sauvetage de Saint-Nicolas en 1882.

En 1891, la population sédentaire de l’archipel s’élève à 89 habitants dont 39 enfants. Un fermier exerce la charge de maire adjoint. Sur l’île du Loc’h, dans une chapelle rudimentaire, baptisée Notre-Dame-des-Isles, quatre recteurs se succèdent entre 1871 et 1883.

Le développement du tourisme et des loisirs

A partir des années 20, aux beaux jours, les premiers touristes font leur apparition sur les îles, marquant une nouvelle évolution des activités sur l’archipel. Après la seconde guerre mondiale, en 1946, il ne subsiste que 24 habitants dans l’archipel. Dès 1947, Hélène et Philippe Viannay organisent sur l’île du Loc’h une série de séjours de détente et réinsertion pour les jeunes issus de la Résistance. Basée sur des valeurs d’entraide et de bénévolat, cette « école de vie et de mer » puis de voile, s’installera ensuite sur les autres îles et prendra en 1957 le nom de Centre Nautique des Glénans, avant de devenir Les Glénans, en 1992. Etablie désormais sur Penfret, Drénec, Cigogne et Bananec, l’école de voile Les Glénans a acquis une renommée internationale, tout comme le Groupe Atlantique de Plongée, qui s’est installé sur Saint-Nicolas en 1960 et est devenu en 1980 le Centre International de Plongée (CIP) des Glénan.

Aujourd’hui, de nombreux touristes et plaisanciers visitent dès le printemps l’archipel, attirés et séduits par sa beauté. Ce site exceptionnel et protégé reste fragile, tous les efforts doivent être conjugués pour le préserver.

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