La belle aventure

Article publié le 31 mai 2014.

Voilà. Avec ce 300e numéro du « Rendez-vous du samedi » s’achève notre rencontre hebdomadaire que nous avions débutée, il y a six ans déjà. Nous avions pris l’habitude de nous retrouver chaque semaine pour commenter la vie fouesnantaise. Ce fut assurément pour moi et, je l’espère, pour vous une belle aventure. Lorsque le maire, Roger Le Goff me proposa de tenir cette chronique pour laquelle il m’accordait une entière liberté, autant dans le choix du sujet que dans le ton du « billet », j’avoue que je doutai et que j’hésitai parce qu’on me proposait un double défi. Il me fallait d’abord m’installer dans la durée, ce genre de « billet » ne tirant sa légitimité que de sa périodicité régulière et puis, ensuite, conserver, au fil du temps, cette crédibilité qu’octroie une liberté de pensée, fût-elle relayée par un support municipal. Fort du recul que m’apportait une expérience journalistique de 20 ans dans le Pays Fouesnantais et convaincu que je connaissais, un peu, l’histoire de ce Pays et, beaucoup, ses acteurs politiques économiques, culturels et associatifs, je finis pas accepter. Je ne l’ai jamais regretté et, aujourd’hui, à l’heure du bilan, il est bien entendu que je revendique l’ensemble des sujets dont nous nous sommes entretenus. (Dois-je répéter que l’on ne m’a jamais rien suggéré et, encore moins, imposé ?) et que je ne retirerais pas un mot de nos 300 RDV. Bien sûr, il y eut, au début, des procès d’intention, des tentatives de déstabilisation. C’était de bonne guerre. Les journaux s’en firent parfois l’écho. Ils contribuèrent ainsi un peu plus à la notoriété croissante de la chronique qui compta rapidement plusieurs centaines de fidèles abonnés. Il faudrait ajouter tous ceux qui consultaient les « billets » sur différents sites et/ou les communiquaient à leurs connaissances. Je n’ai jamais vraiment su combien nous étions à nous retrouver ainsi toutes les semaines et cela ne m’a guère occupé l’esprit. Mais le temps est venu de remercier ceux qui par dizaines m’ont témoigné leur sympathie ou leur estime pour telle ou telle rubrique et auxquels, par principe, je n’ai jamais répondu. C’était la loi du genre. Il s’agissait bien d’une tribune qu’on m’accordait et non pas d’un site d’échanges qu’on installait. Je n’ai jamais eu d’appétence pour les polémiques feuilletonesques. Bien sûr, je reçus

également (bien peu) des reproches acerbes. Cela me rassura. Nous ne baignions décidément pas dans un consensus mou qui véhicule, au mieux, une indifférence polie. Alors, oui, je me répète, ce fut une belle aventure au cours de laquelle nous avons partagé chaque semaine les moments d’émotion, de doute, de crispation ou de connivence qui ont rythmé la vie des Fouesnantais et des Fouesnantaises durant ces six dernières années.

Mais pourquoi, dès lors, arrêter ? Parce que toute chronique porte en elle ses propres limites. Il faut savoir simplement jusqu’où ne pas aller trop loin pour ne pas se lasser et, surtout, ne pas lasser les autres. Ces « Rendez-vous » se nourrissaient en amont de réunions, de spectacles, de conseils, d’épisodes divers qui imposaient une certaine forme de pression durant toute la semaine. Il faut aussi savoir retrouver le temps de la respiration. Et puis, la vie et l’animation d’une commune aussi riches et variées soient-elles, sont faites de pardons, de fêtes, d’assemblées qui s’inscrivent dans notre quotidien de façon cyclique. Il était donc nécessaire de faire une pause pour éviter le piège de la redondance. J’avais entamé nos rencontres le 22 mars 2008 par « Un coup de blanc » où je narrais à ma façon l’élection du maire de Fouesnant. Il eût été logique que je les termine par le « Sans voix » (n° 293) du 5 avril 2014 qui évoquait la réélection de Roger Le Goff. On m’a suggéré de poursuivre la rubrique durant quelques semaines pour terminer par un chiffre rond : le 300e billet. Voilà, c’est fait.

Est-ce à dire que nous nous quittons définitivement ? Eh bien non ! (Tant pis pour ceux qui poussaient déjà un ouf ! de soulagement). Il m’a été gentillement demandé de poursuivre ces relations complices que j’avais nouées avec nombre d’entre vous. Il me reste, durant cet été, à réfléchir à la forme et à la périodicité de nos futurs rendez-vous. Mais, bon ! C’est promis. On se retrouve après la rentrée.

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