Accueil > Actualités > Actualités > Christiane Martial : chevalier de la Légion d’honneur

Christiane Martial : chevalier de la Légion d’honneur

Article publié le 21 juillet 2017.

Le 14 juillet, Christiane Martial a été nommée chevalier de la Légion d’honneur au titre de la Grande chancellerie. Cette décoration est le fruit des démarches du comité de Fouesnant, présidé par le capitaine de vaisseau (er) Xavier Guilhou et du soutien de 80 membres de la section du sud du Finistère.

La jeune Christiane Martial, née en 1926, s’est très vite impliquée … Lire la suite de l’article sur le site de la Société des Membres de la Légion d’Honneur – Sud Finistère

 


 

Ci-dessous le portrait qui lui avait été consacré en 2010.

CMartial

Née dans une famille de patriotes, j’ai toujours été attachée à mon pays. Je suis venue au monde, il y a quatre-vingt-cinq ans à Trèves, en Allemagne où mon père était en Occupation. Il était originaire de Quiberon et ma mère était Quimpéroise. C’est à Quimper que mon père a terminé sa carrière de cheminot. Il est entré dans la Résistance. Un de mes frères est décédé dans un sous-marin en 1940. Mon autre frère faisait partie des FFI. Après des études à Quimper et un travail chez le photographe Villars, sur les quais, où je dérobais les photos allemandes, j’ai voulu aussi servir la France. En 1945, je me suis engagée dans l’armée de terre. Nous étions huit Bretonnes et nous sommes parties nous former à Rennes. C’était le début de l’armée féminine. Après une année à Coëtquidan, je me suis portée volontaire pour l’Indochine où le Vietminh, aidé par les Chinois s’était soulevé contre les Français. Je ne voulais pas être dans un bureau. Je me suis retrouvée dans les Transmissions. Je suis arrivée à Hanoï en 1948. J’y suis restée jusqu’en 1955. J’y ai rencontré mon mari qui était parachutiste sous les ordres de Massu. Peu à peu, à l’État-Major, j’ai vu la situation se dégrader. Après la chute du Dien Bien Phu (1954), la situation n’était plus tenable. En tant que « radio », j’étais parmi les derniers à partir. Après avoir eu ma première fille, Brigitte, à Hanoï, j’étais enceinte de jumelles mais je ne voulais pas le dire pour ne pas être rapatriée avant les autres. Ça a fini par se voir. Après avoir transité par Haïphong, j’ai embarqué à Saïgon. Nadine et Sylvie sont nées en France. Mon mari est reparti en Algérie en 1955. J’ai travaillé quatre ans à la Présidence du Conseil aux Invalides, puis je suis allée le rejoindre en 1959. Au P.C., à Alger, toujours dans les Transmissions, j’étais sous les ordres du Général Salan. J’ai fait valoir mes droits à la retraite et je suis rentrée en 1962. Mes parents avaient fait construire une maison à Beg-Meil. C’est là qu’ils ont élevé mes enfants. Nous devions y venir avec mon mari mais après avoir passé plusieurs années à Mururoa, il est décédé en 1994. Après l’armée, j’ai passé 10 ans dans le monde des autoroutes. Je suis arrivée à Fouesnant en 2000. Je fais partie d’une association militaire et je ne rate aucune cérémonie patriotique, comme le 11 novembre dernier à Fouesnant. J’ai même été porte-drapeau. Je fais aussi partie de la Chorale « l’Echo des Vagues ». Cela me rappelle que j’allais chanter pour la troupe avec le Théâtre des armées. J’ai vécu beaucoup de moments difficiles et j’ai des souvenirs douloureux. Mais je ne regrette rien de ce que j’ai choisi parce que j’aimais et j’aime toujours mon pays ».

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Email this to someone