CARTE POSTALE

Article publié le 31 juillet 2015.

Le regard du moi(s)Peut-être certains d’entre vous sont-ils, comme moi, des inconditionnels de Ramón Gómez De La Cerna. Cet écrivain espagnol (1888-1963) est l’auteur d’une œuvre où l’humour fait bon ménage avec la poésie. Il y a ciselé des aphorismes mémorables. C’est avec lui que je débute cette carte postale aux couleurs de notre commune où j’ai passé un mois de juillet mi-figue, mi-raisin. Donc, le grand Ramón a écrit : « Les parapluies sont des veufs qui portent le deuil des ombrelles disparues ». Comment mieux évoquer cette première partie de l’été ? Miscellanées estivales.

Il y a eu deux ou trois réactions à mon dernier « Regard » dans lequel j’ai égratigné l’écologiste Vincent Esnault. Un lecteur, après avoir soupçonné « une connivence politique » entre le maire et moi, demande à Roger Le Goff de me « recadrer ». De La Cerna aurait apprécié.

Pour tout vous dire, je pense qu’en utilisant une forme d’« agit-prop » pour mener son combat politique, le Vert local dessert les causes parfois justes qu’il défend. Je suis ainsi perplexe sur la (ré)ouverture du camping de Bot-Conan malgré les décisions de justice. Que le propriétaire ne paie pas de taxe de séjour est une provocation inacceptable. Peut-être, apprendrons-nous la décision de la fermeture du camping à la fin de la saison.

Pour terminer avec mon dernier « Regard », on me dit que le billet orne une vitrine nue de Beg-Meil, accompagné de quelques propos peu amènes. Jamais, je n’aurais imaginé que ma modeste chronique contribuerait à l’animation estivale de la station. S’il s’avérait que le « Regard » de ce mois s’y trouve à nouveau, je me verrais contraint de me fendre d’une lettre de remerciement au responsable de cette généreuse initiative pour la promotion de mes écrits dans les milieux touristiques.

Quoi d’autre en ces temps « ramón-esques » ? J’ai noté, avec intérêt, que les « Fleurs de pommiers » avaient été reconduites pour la deuxième année consécutive à la tête des festivités fouesnantaises. Certaines des majestés passées doivent se retourner dans leurs tombes. Je frémis à l’idée que leur immarcescible beauté les conduise à être distinguées à vie et que le Fête des pommiers se transforme, sur le tard, en festival de cannes.

Vu l’état de la charpente de la vénérable chapelle Sainte-Anne (1683), le maire a pris un arrêté pour en interdire l’accès aux fidèles. Pour le punir, le ciel a déversé des trombes d’eau à l’heure du pardon et Sainte-Anne a été célébrée à Saint-Pierre. Dieu reconnaîtra les siens. On me dit qu’elle sera de nouveau accessible en 2017. Croisons les doigts et espérons que cela contribuera à calmer l’ire divine. Sinon, gare à la météo de nos prochains étés.

Par le passé, j’avais qualifié de « stupidité routière » la décision prise par le maire (vous savez, celui dont je suis « la voix ») de reprofiler la route « Hent Roudou » qui permet de sortir de l’agglomération, en y multipliant les chicanes pour limiter la vitesse. Ai-je quelque crédit ? La voie a retrouvé son profil rectiligne. Un bémol tout de même. A la suite de la pose de ralentisseurs vertigineux, nos lumbagos du passé ont été remplacés par des tassements vertébraux réitérés. Pour respecter l’intégrité de notre voiture et de notre colonne vertébrale, nous allons devoir abandonner cet axe. C’était prévu. Les riverains en auront ainsi la libre utilisation.

Les balades nature connaissent, auprès des familles, un succès qui ne se dément pas. L’an dernier, pour la visite des milieux humides, à proximité du littoral, il y avait dans le groupe les familles Grenouille et Tétard. Cette année, pour la visite du marais de Mousterlin, on espère pouvoir compter sur la présence des familles Héron et Bernache. Ramón aurait à nouveau apprécié.

A l’Office de tourisme où l’on bat des records de fréquentation (11 000 passages en juillet), on en entend de bonnes. Un quidam s’est énervé parce qu’on voulait l’amener aux Glénan alors qu’il voulait découvrir les Caraïbes bretonnes. Effets pervers de la communication. Une famille ignorant le flux et le reflux s’est aussi étonnée qu’il n’y ait pas de plage à Mousterlin. La mer s’étant retirée entre-temps, elle a marqué sa stupéfaction en rentrant au camping. Cela m’a rappelé une anecdote. Après le cahier spécial que j’ai consacré à l’Occupation à Fouesnant dans le dernier magazine municipal, j’ai reçu une lettre d’un lecteur des Vosges qui m’a appris que sa mère, habitant Cap-Coz, lui avait raconté qu’un officier allemand découvrant la vaste étendue sableuse de la Pointe avait décidé d’y entraîner, ses troupes, tous les matins. Stupeur de l’occupant lorsqu’il aperçut la plage envahie par la mer. Il alla vertement demander des explications à la Cap-cozienne. Pressentait-il déjà une manœuvre de l’ennemi ?

Ramón Gómez De La Cerna a aussi écrit : « Si le ciel nuageux a des trous à son pantalon, on peut espérer un belle journée ». Je vous souhaite beaucoup de pantalons troués au-dessus de vos têtes pour vos vacances.

JYLD

Télécharger la version pdf du regard du moi(s) CARTE POSTALE 01/08/2015 N°11

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