Baptême du feu

Article publié le 26 avril 2014.

Mercredi 23 avril, 18h30, dans la salle du conseil de Fouesnant. La nouvelle mandature commence vraiment avec le vote budgétaire. Un acte majeur dans toute vie municipale. Dans l’assemblée, les deux tiers de l’équipe majoritaire vont retrouver leurs vieux réflexes. Pour les autres, c’est le baptême du feu. On l’a peu fait remarquer mais l’opposition a été totalement renouvelée et s’installe, pour la première fois autour de la table du conseil. Faisons grâce à Vincent Esnault de sa fugitive présence en 2008 et accordons-lui une virginité municipale. L’heure est donc à la mise en place d’un nouveau rapport des forces. On voit s’élaborer des stratégies, s’esquisser des tactiques. Chez les socialistes, le ton est mesuré, voire consensuel. Depuis son élection, Mohamed Rihani l’a assez répété pour que ce ne soit qu’un vœu pieux. Il veut tirer un trait sur le passé et instaurer un climat serein dans les échanges. L’attention est sourcilleuse mais la chicane n’est pas de saison. Manifestement, au PS, après les multiples échecs électoraux au niveau local, on a fait son examen de conscience. Puisque le téléscopage frontal avec la majorité se traduit par un désaveu du corps électoral, on change de méthode. « Fouesnant pour tous » sera, certes, vigilant mais désormais constructif. A suivre. Vincent Esnault, lui, n’est pas dans un rôle de composition. L’écologiste, fidèle à sa ligne de conduite, a choisi, sans qu’il ait besoin d’un tour de chauffe, la tactique du harcèlement. Ton véhément, débit saccadé, il reste prudemment en retrait dans la discussion budgétaire mais monte au créneau dès qu’il pense discerner une faille dans la défense adverse, avec, constamment, le maire dans sa ligne de mire. La stratégie devra faire ses preuves dans la durée. Et Roger Le Goff, justement ? Manifestement, pour son cinquième et dernier mandat, il a décidé de prendre du recul. On l’a rarement vu aussi peu disert lors d’un conseil. Il a laissé son adjoint aux finances, Bruno Merrien, dont c’était aussi le baptême du feu, mener les débats. Le bizut s’en est bien sorti. Mais déjà, on l’a compris : fort de ses 25 ans à la tête de la commune, le maire ne veut plus se laisser embarquer dans des polémiques qu’il estime stériles. Pourtant, quelques infimes raidissements, sous les assauts écologistes, l’ont furtivement figé. Préludes à des orages futurs ?

Jeudi 24 avril, 20h30, dans la salle du conseil de Bénodet. On procède à l’installation du Conseil de la Communauté de communes du Pays Fouesnantais. Ici, aussi, on est à l’heure du baptême du feu. Trente-six conseillers des sept communes ont été choisis par les électeurs. Vingt d’entre eux siègent pour la première fois et ils ne sont plus que quatre à avoir porté la CCPF sur les fonts baptismaux, lors de sa création, il y a vingt ans. C’est dire si le renouvellement est important dans cette structure dont le rôle et les compétences ne cessent de prendre de l’ampleur. On a déjà eu l’occasion de le noter. Sur les 7 maires composant le bureau, 4 sont nouveaux (le maire de Clohars, Michel Lahuec ne faisait pas partie du bureau auparavant). Pourtant, c’est à l’unanimité qu’il propose la candidature de Roger Le Goff à la présidence de la Communauté. Pour le maire de Fouesnant, après un vote à bulletins secrets, c’est une élection de maréchal : sur les 35 votants, il obtient 33 voix. Il y a un seul bulletin blanc et Michel Simon (l’ancien maire de Gouesnac’h est paradoxalement le seul absent de la soirée) compte un fidèle. Pour ceux qui en doutaient, Roger Le Goff est confirmé dans son statut de patron incontesté du Pays Fouesnantais. Il ne perd d’ailleurs pas une seconde pour proposer une feuille de route fournie aux nouveaux élus communautaires : environnement (algues vertes, déchets), économie (zones d’activités), social (structure d’accueil pour les personnes âgées), technologies nouvelles (très haut débit). Il met en avant la nécessité de mutualiser les moyens mais aussi l’importance de conserver les structures communales et leur spécificité. Le discours est consensuel et volontariste. On est loin de Fouesnant et de ses empoignades budgétaires. On est très loin de Quimper (auquel aucune allusion n’a été faite) et de ses appels du pied pour entrer dans l’équipe de l’agglomération. Dans les communautés avoisinantes, le président Le Goff doit faire bien des envieux.

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