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Arcs-en-ciel

Article publié le 8 janvier 2016.

Le regard du moi(s)Exercice obligé de toute année qui commence. On se souhaite douze mois de bonheur, de félicité, surtout après la période cataclysmique que nous venons d’endurer. Sur l’écran noir de mes nuits blanches, comme dit Nougaro, j’ai donc laissé mon esprit vagabonder et je viens, à mon tour, vous faire part de mes souhaits (non-exhaustifs, bien sûr) pour que la vie nous paraisse plus belle à Fouesnant dans les mois à venir.

  • Je souhaite ne plus avoir à chanter la Marseillaise, avec en toile de fond le drapeau tricolore, sur la place de la Mairie, comme je l’ai fait les 11 janvier et 16 novembre derniers, après les attentats terroristes. Non pas que cela me coûte d’entonner l’hymne national et de saluer les couleurs françaises. Bien au contraire. On a trop longtemps, de façon inconsidérée, abandonné ces emblèmes de la République au seul usage du Front National. Se rappeler, une nouvelle fois, De Gaulle : « Le patriotisme, c’est aimer son pays. Le nationalisme, c’est détester celui des autres ». Mais, se rassembler à nouveau pour faire front, cela voudrait dire que les loups sont encore entrés dans la ville. Et cela, je ne veux et ne peux le concevoir.
  • Je souhaite que Roger Le Goff arrête de fixer l’écologiste Vincent Esnault, au début de chaque séance du Conseil municipal, en demandant si tout le monde approuve le compte-rendu de la dernière réunion. Cela fait l’effet de la muleta (rouge évidemment) que l’on agite sous le museau du taureau (vert naturellement) qui se déchaîne dans l’arène et n’a que faire des passes de cape, manoletinas et vérónicas, qu’invente le torero (pardon, le maire) pour tenter de juguler les assauts adverses. La corrida s’éternise, les aficionados s’épuisent. Et moi, je rentre toujours avec une heure de retard à la maison. S’il vous plaît, monsieur le maire, pouvez-vous modifier vos tropismes pour que je ne dîne plus seul le soir des conseils municipaux ?
  • Je souhaite que la programmation de l’Archipel pour les futurs spectacles soit à la hauteur de mes rêves. Je n’en retiendrai que trois : l’ensemble Matheus avec Jean-Christophe Spinosi qui vient de diriger l’orchestre de Vienne (rien que cela !) et proposera, le 4 février, Beethoven et Brahms. Les Ballets de Barcelone qui présenteront des danseurs de classe internationale, le 5 mars. L’Orchestre symphonique de Bretagne qui interprètera le « Requiem » de Fauré, le 23 mars. Avec Frédéric Pinard à la baguette de la politique culturelle de la ville, Fouesnant est « une petite qui a tout d’une grande » comme dit la publicité. Et pourquoi ne pas imaginer le « Requiem » de Mozart pour les 10 ans de l’Archipel, l’an prochain ? Plus que jamais, la culture est, par les temps qui courent, l’ultime rempart contre la barbarie.
  • Je souhaite, puisque l’on parle de culture, que se concrétise le projet de complexe cinématographique que l’on attend depuis (trop) longtemps à Fouesnant. Et, tant mieux s’il est accompagné d’un bowling et d’une brasserie ou d’un fast-food. On ne peut pas s’attrister du sort des jeunes dans la ville et se cabrer ensuite quand on leur donne les occasions de s’épanouir et de se distraire.
  • Je souhaite que Fouesnant revête ses habits de lumière printanière quand, en mai, nous rendront visite le Tour de Bretagne cycliste suivi par France3 et le merveilleux Tour de Bretagne des voitures anciennes dont ce sera le chant du cygne. C’est bien d’avoir un beau pays, c’est encore mieux de l’offrir en cadeau à ceux qui le visitent.
  • Je souhaite, plus égoïstement, que l’extension de la mairie me permette de profiter d’un espace où je pourrai recevoir mes invités qui me donnent et vous donnent l’occasion de regarder Fouesnant au fond des yeux. Pour l’heure, depuis 8 ans, je dispose d’une simple chaise. C’est sans doute la raison pour laquelle certains s’autorisent à dire que je bénéficie d’une situation bien assise à la mairie de Fouesnant.
  • Je vous souhaite enfin plein de bonheurs pour l’année qui vient. Jules Renard, admirable ciseleur de la langue française, a écrit dans son Journal (18 janvier 1896) : « Le sourire est l’arc-en-ciel des larmes ». J’aime bien. Je vous souhaite donc, à nouveau, de somptueux arcs-en-ciel après les horizons brouillés de l’année écoulée.

PS : (Comme Post-Scriptum et non Parti Socialiste). Puisque, à ma connaissance, personne, pas même ses amis politiques, ne l’a fait, je tiens à saluer la fin de la carrière politique de Gérard Mével à l’issue des dernières élections régionales. Leader de l’opposition de gauche au sein du conseil municipal de 1983 (qu’il intégra en même temps que Roger Le Goff) jusqu’à 2007, il devient conseiller régional d’opposition en 1998. En 2004, Jean-Yves Le Drian le nomme vice-président de la Région chargé de l’Environnement. Il fera un nouveau mandat comme délégué au développement durable de 2010 à 2016. Il aura même l’occasion de présider le Conseil régional, en tant que doyen, lors de l’installation de Jean-Yves Le Drian, puis de Pierrick Massiot. Implacable, rigoureux, maîtrisant parfaitement ses dossiers, Gérard Mével obligea le jeune maire qu’était alors Roger Le Goff à hausser son niveau pour faire face dans des débats où il ne se départait jamais d’une grande courtoisie, respectant toujours les hommes dont il ne partageait pas les idées. Je ne suis pas sûr que cela soit encore vrai aujourd’hui. Salut, Gérard.

JYLD

 

telechargement-orangeTélécharger la version pdf du regard du moi(s) Arcs-en-ciel 09/01/2016 N°16

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